Sortie dimanche 19 octobre 2014

Sortie vélo, dimanche 19 octobre 2014, la journée : rencontre cyclotouriste Audois-Héraultais.
 

J’ai eu quelque mal en fin de nuit, sur les petites voies secondaires fort mal signalées, à trouver au-delà de Maureilhan la départementale pour Capestang. Elle existe, mais tintin pour la dénicher au sein des lotissements avec culs de sac et tourne-en-rond. Ce qui m’a valu une reprise au dernier moment de l’itinéraire normal par Montady. Sans compter la déviation mise en place depuis Aniane qui évite le pont coupé sur le Rieussec avant Gignac et oblige à feinter par St Jean de Fos et Lagamas, cela fait du temps à la montre, si bien que je débouchai en la fort belle place de Capestang, achalandée en ce jour de marché, à quelques minutes du départ. Le quatuor muciste et vauclusien (Jean-Pierre, Jean-Marie, Philippe et Jean-Paul) étaient là à siroter le café. Ouf, soulagement : j’aurai la satisfaction de déguster à mon tour le petit noir avec croissant (ce stress de bon matin avec la chaleur régnante ambiante nécessite réparation calorique urgente !), en attendant de voir arriver le duo féminin un peu égaré dans quelque venelle, Marie plus Isabelle. Notre groupe ne dépassera pas les dix unités, un record pour un rassemblement à la limite des deux départements limitrophes.
 
Certes Dame météo ne tarissait pas sur les épaisseurs des brumes marines envahissantes et insistantes au point de pouvoir provoquer quelque pluie, certes Lasalle dans le Gard aura attiré bien des amateurs de Cévennes et de châtaignes, certes une foule de cyclotouristes autochtones (Narbonne, Agde, peut-être Carcassonne) viendra pointer au Lac de Jouarres, il n’empêche que notre effectif pour une randonnée découverte fut comme jamais réduit à la portion congrue.
Les mauvais augures furent vite balayés devant un ciel plutôt rassurant, clair et largement bleui, rien de menaçant vraiment, même pas vers les horizons montagneux que nous aurons l’occasion de voir se profiler jusqu’au pylône lointain du Pic de Nore. Les rayons décidément chaleureux pour un troisième dimanche d’octobre feront se lever en permanence des effluves même pas ternis du défunt été: baume suave des pins arôme des cistes ragaillardis après les abondantes averses équinoxiales, parfum rafraîchissant des roquettes blanches et jaunes, saveur acidulée des grappes restantes outrepassées de la vigne. Seules manquaient les véritables teintes enflammées que le bel automne livre bon an mal an. Le paysage va se déplumant sans passer par le flamboiement exalté qui est le chant du cygne avant l’hibernation végétale. Il faudra peut-être attendre jusqu’à l’été de la St Martin pour contempler le déchainement des rouges, des ocres et des ors, mais je crains qu’il ne soit alors trop tard.
 
Alaric coiffé de son bonnet de grisaille a levé son chapeau comme pour nous saluer. On a été se faufiler dans d’improbables routes très secondaires où ne passaient que les jeeps de chasseurs. On est même parvenu à emprunter un chemin d’un autre âge, sablonneux, rocailleux, mais c’était pour la bonne cause, pour remonter loin dans le temps, à l’âge où nos ancêtres extrayaient le métal et édifiaient de drôles de monuments aux morts (dolmen de St Eugène).
 
De demeure vigneronne soignée en domaine agricole étendu (Roueyre, Russol), d’église romane en cathédrale gothique (Quarante, Olonzac, Capestang), on a fini par échouer face au grand plan d’eau de Jouarres, un immense périmètre lacustre entre Montagne Noire et Corbière sèche, où le double comité d’accueil nous gratifiera de sardines grillées et de cansalade. Les tables étaient mises en plein air pour un repas convivial, on fera juste la pause règlementaire avec repas tiré du sac, vu le long chemin (dixit JPR) avant de prendre le cap du retour contre la brise de mer modérée qui jusqu’ici a favorisé sans relâche notre train facile même si modeste entre coteaux, pinèdes et plat pays.
 
Maillot court de rigueur, on aurait presque pu faire la chasse à la canette et  se tartiner de crème écran total  tant l’air de l’après midi paraissait brûlant, de manière anormale et ce sur l’ensemble de la France. Il viendra bien le temps des frimas et des bises, du nez qui coule, pour l’heure, on profite pleinement de ces prolongations inattendues.
Pourtant les talus d’argile ébréchés par la violence des pluies dix jours en amont, les labours relabourés par Dame Nature, les monticules d’aiguilles, de débris et de branchettes partout entassés, accumulés en bordure des champs : la trace du sinistre pluvial reste présente constamment.
On ne peut tout voir, j’ai raté des photos de sites comme on ratera la croix des chemins indiquée sur notre feuille de route. Mais comme dit notre trouveur de patrimoine muciste, il faut en laisser pour d’autres occasions. Pour sûr que les occasions ne manquent pas. La carte, c’est comme un jeu d’échecs, les combinaisons et les trouvailles sont infinies, d’ailleurs la prochaine virée se déportera encore un peu plus loin de Montpellier que celle d’aujourd’hui, puisque nous irons à la découverte de la Provence secrète, et là c’est Jean Paul qui invite. Vivement novembre qu’on se retrouve un bon petit paquet au pied du Ventoux !
 
(135 km et 980 m dénivelé, 8 h 35 – 17 h40)
 
Victor, celui qu’un chat égratigna, mais pas comme vous croyez.