Randonnée cyclotouriste, Dimanche 27 février 2011

Dimanche 27 février 2011, randonnée de la journée :

Je n’ai pas vraiment beaucoup roulé depuis le début de l’année, mes kilomètres de ville dépassent les kilomètres de randonneuse, c’est dire. Heureusement que je m’impose les aller retour au boulot depuis Grabels, assez systématiquement en semaine, qui restent parfois mes seuls éléments d’entraînement, les hiatus des samedi dimanche étant souvent comblés par d’autres contraintes ou activités que le vélo. Sans quoi je n’aurais pas pu afficher plus de 200 bornes au compteur pour le week-end avec un dimanche relativement hypertrophié comme on va voir.

Arriver chez Jean Pierre et Nadine à Castelnau trois quarts d’heure avant le dé part prévu, c’est l’occasion de faire un peu causette sur le devenir et les projets des uns et des autres, de retrouver les purs et les durs, les anciens et les nouveaux, tout en savourant  qui un café, qui un jus de fruit, qui un chocolat chaud. Ambiance joviale avec un peloton qui s’étoffe pour une partance promue au bonheur des petites découvertes aux confins du Gard et de l’Hérault. L’ultime balade cyclo-découverte de la saison se devait, ne pouvait être qu’une réussite.

Nous étions paraît-il 34 pile à prendre la direction de la petite Camargue, le soleil plein les yeux, le mistral (ou la tramontane) largement favorables pour un départ facile vers des contrées très plates. Les impressions sont autres de rouler en collectif : partager la route, serpenter, louvoyer, entre l’éclat des vélos plus que bien entretenus et la brillance des étangs et sansouires annonçant le grand large, tout ceci sous un ciel  haut ceinturé au loin de nues froides porte vraiment à une joie différant du sentiment qui m’accompagne le long des péripéties solitaires, réduites pour l’heure à pas grand chose d’ailleurs. Magie du groupe…

On revoit en passant le biou de Lunel, les cariatides du Cailar, dont je trouverai des jumelles plantureuses et langoureuses à Vauvert. Nous retournerons le temps d’une centaine de bornes au temps des conquêtes coloniales (cf le « pistolero » de la place des caladons à Lunel), des folies châtelaines, des tours et des églises post moyenâgeuses, un genre d’architecture qu’on ne sait plus faire. Il n’était que la borne milliaire du temps des Romains (Tibère) qui nous fit reculer loin dans le temps (Saint-Aunès), l’ange de Germaine Richier en sa tombe de Mudaison nous ramenant au contemporain.

Il m’aura fallu personnellement attendre une fin février 2011 pour découvrir que Vauvert disposait en une époque reculée d’un Castelas dominant fièrement la ville, diable ! Depuis 1967 que je connaissais l’endroit pour y être passé en solo et à vélo (déjà !), la lacune est maintenant comblée, au moins jusqu’à la prochaine découverte.

Franquevaux nous accueillit pour la pause de midi : est-ce la crevaison d’Alain qui scinda le groupe en deux entités, l’une se retrouvant aux abris dans la panoramique salle d’un manadier accueillant, l’autre dégustant le repas tiré du sac en plein vent ? Qu’importe, la halte fut réparatrice dans tous les sens du terme.

Défilé d’amandiers en habit de communion printanière, vergers d’abricotiers immaculés de fleurs, tache rose de quelque carré de pêchers précoces, les images jolies et ragaillardies ont défilé tandis que les rafales vigoureuses et rafraîchies venues de l’ouest ne manquaient pas de nous assaisonner dans la remontée lente des Costières. Rien ne presse, le jour s’allonge quotidiennement, le groupe reste uni (même si nous avons laissé en route vers Nîmes deux cyclos baroudeurs qui s’étaient joints à nous à Castelnau, invités ou hébergés sans doute chez Jean Pierre le rassembleur). On tournera encore pour découvrir le parc remarquable de Lunel-Viel, où le calme et l’ombrage régnaient sous les grands arbres aux multiples essences. Les ponts ventilés des Touradons[1] ou sur le canal du Languedoc étaient déjà loin derrière nous. On se sentait un peu plus à l’abri revenus en Hérault.

Pourtant le mistral ne fera pas relâche au-delà du moment roue libre en la rue des Tribuns à Castelnau lorsque le groupe s’éparpilla après avoir grappillé les restes et la suite du « café, thé, biscuits » servis et offerts à la troupe pédalante : un inattendu trio de choc (Robert, Alain, Albert, qui tous oeuvrent à la roue Gignacoise et se bonifient avec l’âge, faut voir !) me mènera dans un fauteuil vers les terres Anianaises d’où il était venu matinalement. Je ne sais  si le détour par la Lironde et le club d’équitation St Georges était plus court que traverser la ville par la voie de la Justice, toujours est-il qu’à près de 30 à l’heure, en évitant la bosse redoutée de St Félix (que j’eusse aimé franchir en un ultime sursaut d’honneur, ce dont je m’abstiendrai), en dévalant vers St Paul et Valmalle, en remontant à flanc de coteau vers la Boissière, le bercail fut atteint aux portes du crépuscule. Le soleil se couchait, mais pas le vent, punaise, qui soufflait à qui mieux mieux !

Voilà le niveau de forme remonté grâce aux inattendus dernys qui ont failli m’éreinter : la saison peut commencer pour de bon, et pas qu’en pointillés j’espère !

Victor, l’essoufflé soufflant au vent.

 

Verticalités en plate Camargue

 

Du monde au balcon !


[1]Touradon» est le nom donné en botanique aux structures en mottes arrondies (40 à plus de 60 cm de haut) formées dans certaines tourbières ou zones humides ...

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