Randonnée du Salagou, dimanche 3 mars 2013

Randonnée du Salagou, dimanche 3 mars 2013 :
 
Ils auraient pu être six, voire sept en comptant Jean-Paul de l’Isle sur la Sorgue,  ils n’étaient que quatre. Les preux, les valeureux, les futurs diagonaleux, deux par deux depuis Montpellier. La tradition est sauve. La flamme ne s’est pas éteinte parce que Jean-Pierre l’instigateur de ces départs à 5 h 45 sous le pont de La Paillade à chaque premier dimanche de mars, condamné à rester à l’horizontale, n’a pu se joindre à eux. Il aurait pu par parenthèse essayer le vélo couché, mais la douleur du dos l’aura empêché de penser à cette éventualité. Pascal non plus n’était pas dans le paquet ultra matinal pour ce 200 coup de poing, un ennui d’ordre mécanique au vélo l’a obligé à déclarer forfait également. Il aurait pu se pointer chez moi en voiture, une excellente randonneuse à sa taille était à sa disposition ! Bon, on ne peut penser à tout, les soucis obnubilent.
 
Hubert, Philippe, Jean-Marie et un certain Serge nous conteront leur périple au-delà de la boucle proposée par les Cyclos Clermontois. Trente quatrième édition déjà, comme le temps passe !
C’est une chance pour les organisateurs ; le week-end dans son intégralité sera libre de nuages, pas spécialement chaud, à peine ventilé; des conditions idéales pour rameuter foule de sportifs ou de touristes, de crapahuteurs en vtt aussi qui n’ont tous qu’une hâte, faire parler les organismes engourdis par l’hiver, se dégourdir les gambettes, les faire frétiller au gré des reliefs, jamais bien loin au-delà des ruffiers du Salagou.
 
Bon il a fait un peu frisquet pour rallier Clermont et les abords du lac. Je suis parti  juste un peu en retard d’Aniane dans la moyenne vallée de l’Hérault et n’ai pas eu l’occasion de croiser les talentueux rouleurs (cf ci-dessus) à la jonction de la D 32 avec l’ex-nationale. L’ambiance populaire sur le site des inscriptions, avec boisson chaude à la clé, masse d’individus densément rassemblés, ne peut que réchauffer intérieurement.
Parmi la foule, entre les connus salués ou reconnus de loin, un revenant, le Manu, l’Avelino aux multiples avatars, addictions, facéties, qui avec plus de 46 annuités de boulot au compteur vient juste de prendre sa retraite. L’ex-haltérophile toujours aussi râblé promet de mettre les bouchées doubles pour être au top d’ici deux mois. Je l’apercevrai tantôt avec une nouvelle bicyclette flambante et légère, signe que le vieux briscard ne veut pas se ranger d’elle précisément ! Attention Manu à pas casser les manivelles de ton chevau-léger, et bon vent sur la route !
 
Des vélos nouveaux, il n’en manque pas, témoin la Cattin de Jean-Marie, un excellent véhicule pour l’autonomie en voyage (on pourra jaser sur sa nouvelle acquisition ; « et patin cattin, etc… »), et la randonneuse à mini-roues d’un ressortissant so british, selon lequel l’engin ne pose problème que pour les descentes (moindre stabilité). Je sors toujours sur ma Bertin qui va sur ses 20 ans, elle a tout ce qu’il faut, même un peu de rouille, preuve que le cadre est plus acier qu’alu ou carbone.
 
Sur la grosse route de Bédarieux qu’on a rejoint pour nous hisser sur le plateau avant Carlencas, le soleil surgissant met carrément le feu au c…oui au sens propre, il réchauffe sensiblement au sortir des zones frigorifiques des ubacs de Liausson. Amandiers retardataires et réfractaires au printemps : on aura du mal à compter sur les dix doigts des mains les bouquets un tant soi peu épanouis. Comme si dame nature était aussi en crise, faisant faire ceinture en attendant les jours meilleurs. Mais patience, elle osera oser d’ici peu, ce que ne savent faire nos politiques, engoncés, frileux, imitant ce que fait le voisin (ou plutôt la voisine, suivez mon regard).
 
La farine légère traîne dans les talus, signe certain d’un beau froid au sol. Le compteur indiquera au plus bas un petit -2°, plus tard il grimpera à 16°, mais la sensation ressentie tout au long du parcours, c’était une température moindre ; la gorge sensible l’éprouvera, de même les douleurs articulaires (Josette remontée ce jour en tandem dira être limite en fin d’itinéraire pour ses côtes pas encore bien ressoudées). Le froid de la nuit, c’est Martial qui l’a aussi bien encaissé sous la tente, il a déjà écumé la zone hier samedi, et comme chaque année il prépare ses itinérances faites de flèches, de Pâques en Provence, de BPF et autres BCN. Sûr que je préfère la chambre douillette chez l’habitant ou à l’hôtel, surtout en cette saison!
 
Pourtant, on pourra prétendre circuler sans les moufles ou les gants longs, ce que je ne ferai que bien au-delà de la pause collective déportée cette fois un peu à l’écart de la cave d’Octon . Est-ce l’envie de se réchauffer à tout prix qui a fait accélérer certains éléments, que ce soit dans les bosses ou dans les plongées ? Des abeilles d’Abeilhan sont passées comme des flèches vrombissantes, essaim rapide et ramassé en quête d’on ne sait quel miel. Il doit se trouver parmi les 400 participants (à la louche) quelques dizaines qui aiguisent leur condition pour les proches cyclo-sportives (le mois à venir, la Pingeon à Gignac). Le jeunisme, on a connu ça, c’était hier, c’est pas si loin, et si dans le peloton on voit défiler au moins trois générations de pratiquants, ce qui en soi est très heureux,  il reste que les différents âges se décantent naturellement au fil des kilomètres.
 
Une photo par ci, une photo par là, un détour dans Le Puech, et voilà que je me retrouve seul, entre différents petits paquets. Occasion de mieux apprécier la surface étale que ne perturbe aucun sillage d’embarcation, que ne défrise nulle saute de vent. Delon et Gabin ont tourné paraît-il un film dans les parages, ce devait être juste après la mise en eau, un demi siècle ou pas loin. Possible, mais quant à savoir quel était le long métrage, je donne ma langue au chat !
 
Le Muc a eu sa coupe, le club organisateur offre la saucisse, le petit cadeau tiré au sort, l’apéritif. Seul manque à l’appel sur l’aire d’arrivée le photographe attitré qui cette année n’a pas daigné flasher les participants, à moins qu’il n’ait point été accrédité : faut dire que tout un chacun, numérique et mobile aidant, peut faire les prises de vue qu’il veut où il veut et quand il veut (ou lorsqu’il le peut, pas vrai Daniel ?).
 
Les divers sandwiches engrangés ne suffiront pas à faire taire une fringale qui va se signaler du côté de Péret. J’ai voulu rentrer autrement que par le retour classique, Le Pouget et son Carnaval, la plaine  de St André directement, et j’ai revisité le causse du mas de Rouet, rejoint le vallon de Valmascle, croisé le vignoble bien taillé de Cabrières. Pas de café à Lieuran ou à Nébian (à la place, une église ouverte, avec un tronc où glisser sa piécette, mais point de distributeur d’espresso ou autre nectar calorique). L’orange bompassencque, fraîche, délicieuse et parfumée a fait ce qu’elle a pu, et j’ai été bien content de tomber à St André de Sa ngonis sur la boulangerie d’angle ouverte 7 j/ 7, qui va me servir un excellent goûter, à 16 heures pile, à deux pas de la maison. Me voilà armé pour le final via Lagamas et St Jean de Fois, une broutille après deux chocolatines et un grand crème ; me voilà aussi armé pour la saison, à commencer pour le 200 audax sous huitaine. J’espère bien en être, en compagnie d’un capitaine de route bien remis de sa dorsalgie ! (178 km et 2320 m dénivelé, 7 h – 16 h 40)
Victor, le journaleux besogneux ex-diagonaleux