Sortie découverte septembre 2014

Sortie découverte, balade Aveyronnaise, dimanche 28 septembre 2014, la journée :
 
Le cycle de reprise des randonnées mensuelles proposé par Jean-Pierre R. reprend en ce début d’automne. Pas mal, juste après une semaine consacrée au patrimoine national et européen, de renouer avec les traces locales laissées par nos ancêtres ou à l’inverse dressées fièrement au dessus du Tarn (suivez mon regard). Le cyclo Castelnauvien n’a pas eu à exercer outre mesure ses talents de découvreur, il remet sur le tapis à un détail près la virée inaugurale de septembre dernier qui avait mal tourné faute d’un temps exécrable.
 
Revoilà donc une petite vingtaine de fervents curieux animés par l’amour de la pédalée douce au pays des sources, à l’Hospitalet du Larzac, au doux soleil matinal d’une journée qui s’annonce pas aussi noirâtre que l’annonce la météo. Je me suis carapaté à vélo du Caylar où j’ai stationné la voiture à l’aire autoroutière qui a redonné une sacrée animation au village. Un boucher charcutier traiteur s’est installé en grand qui n’existait pas l’an passé, le boulanger tient toujours boutique allumée et accueillante, et les hôtels ici présents semblent rester ouverts toute l’année.
 
Un fort courant du sud qui ramène des nuages bas laisse présager une tournure plus humide du temps, sinon d’ici ce soir, du moins pour les jours à venir. L’atmosphère a été trop lourde, trop estivale pour se maintenir de la sorte, belle et lumineuse comme la veille par exemple. Pourtant la manne pluvieuse du ciel s’est montrée plus que généreuse, dévastatrice voici à peine quelques jours. Toutes les routes empruntées en gardent les traces, sous la forme de rubans de gravillons qu’il faut savoir repérer à l’avance sous peine de risquer le dérapage. Partout à la croisée des chemins champêtres, des laies forestières, des entrées de ferme, nous observerons ces charriages de cailloutis, ces vomissures de boue, ces traînées de terre orange arrachée au substrat. Les torrents ont débordé, les ornières se sont creusées : on passe après le déluge, dont on voit clairement les marques, même des peupliers sont couchés au creux de certains talus abritant des rus intermittents, c’est dire la violence des précipitations qui localement se sont acharnées.
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Noter journée sera calme, automnale, seule la note sensible du vent entre autan et Espagne viendra agiter les hauteurs dépouillées.
Nous sommes revenus en des sites visités auparavant, qui ont pris un nouveau visage : après être passés en trombe et sans une halte le long de la cité templière de Ste Eulalie de Cernon, on a salué le viaduc féérique au point de vue de Brunas, on a pénétré sous la roche chaulée de Peyre en la chapelle troglodyte dépouillée de toute exposition temporaire, fin de saison touristique oblige, on revoit la ferme classieuse des Brouzes encastrée dans ses murailles de pierre froide à ras des pastis maigrichons. On revisitera Millau  ville bien morte en ce dimanche de fin septembre, après l’avoir survolée depuis les hauteurs caussenardes ou l’aire remarquable du Viaduc. Et le site de la charmante églisette de Bocuéjouls remplaça du programme de 2013 l’église Millavoise de ND de l’Espinasse.
 
On ne peut pas tout faire, ou tout refaire. On laissera de côté Pierrefiche, Montredon, l’église et le Dolmen de St Martin du Larzac, tout proches pourtant du site des Baumes que l’on revoit avec plaisir. Des travaux tout récents ont consolidé la muraille sous la falaise, le tourneur de bois officie toujours en ce lieu dolomitique singulier.
Le Larzac n’est pas l’entité lunaire et vouée au pacage des troupeaux de brebis dans une lande pauvre sous le ciel : nous finirons la boucle par les pinèdes bleutées aux innombrables troncs rouges – l’armée s’est fait un plaisir de s’approprier quelques paquets d’hectares pour ses manœuvres pas agricoles pour un sou -  et par la partie parmi les plus verdoyantes et boisées du causse larzacien, j’ai nommé l’ubac de l’Hospitalet, où l’on voit des hêtres et des châtaigniers comme si l’on était au fin fond d’une serre cévenole gardoise derrière l’Aigoual.
 
Josette qui ne peut encore serrer un guidon à cause d’une mauvaise chute en juin dernier nous servira à notre arrivée mieux que le café du matin : des biscuits, du gâteau fait main, des boissons, pour tous les goûts.  Halte debout sur la placette aux cygnes, cordiale, qui scelle la continuité de notre groupe informel au fil des ans. Il ne fallait pas compter sur le café du village qui a mis la clé sous la porte faute de volonté de reprise (mais au fait, après tout, le restaurant à la sortie du Caylar a bien refait peau neuve après des années d’abandon, j’ai vu ça aussi ce matin : rien n’est définitivement perdu !).
A la revoyure pour le temps des châtaignes, même si ça se passera a priori entre les vignes du terroir Biterrois : la bicyclette ainsi entendue doit poursuivre sa route !
 
Victor, vétéran senior pas encore jubilado.