Randonnée du Salagou, mars 2010

Randonnée du Salagou, dimanche 7 mars 2010, matinée :

Il n’est pas acquis que le temps brille par ses faveurs le premier dimanche de mars : c’est la date pourtant retenue depuis une bonne trentaine d’années pour inviter les cyclos d’horizons parfois éloignés à débuter vraiment une saison nouvelle. Sous l’égide du club de Clermont l’Hérault, des éditions ont connu ainsi des escapades inoubliables  vers les hauteurs de Vernazoubres, mais aussi des retours de bâton d’hiver mémorables : neige, verglas, brumes, pluie, vents d’ouest colossaux. Bon an mal an la troupe pédalante afflue vers le Campotel où se sont tirés au sort à cette occasion des magnums remarquables, où ont été distribuées des coupes en quantité, où la saucisse grillée terminale a su retenir chaque fois davantage  de foule, et où le VTT  a su attirer avec les années de plus en plus d’amateurs de gadoue rouge.

Il ne faut pas se fier aux Cassandres des ondes hertziennes qui nous avaient promis pluie, froid et neige après une veille exceptionnellement lumineuse. Nous n’aurons que le froid, et encore a-t-il remisé de son ardeur si j’ose dire. Il y a bien eu une alerte nuageuse profuse venue de l’ouest, mais tout s’est fondu au-delà de la pause précoce d’Octon, et pas mal de monde ôtera qui le coupe-vent qui la première paire de gants quasiment superflus.
Prudent comme d’habitude, me fiant peu au souffle traître de NE « cope-gambes » qui m’attend pour le retour sur Aniane, j’ai gardé sur moi toutes les épaisseurs, content de suer légèrement dans la bosse du mas d’Alary. Faut bien oublier les champs blanchis de froid qui rivalisaient à l’aube avec le blanc tapis des bouquets de roquettes intrépides. Jean Pierre, venu seul depuis Castelnau , soulignera d’ailleurs que le thermomètre était plus sévère du côté d’Aniane que sur le bord Montarnéen de la colline.

Retrouvant depuis bien longtemps l’occasion de rouler en groupe, je juge l’allure presque trop soutenue pour mes gambettes qui montent lentement en condition. Il est vrai que la découpe du parcours, plutôt original cette année, réservait une seconde partie bien plus montueuse que celle qui déambulait entre Nébian, Mourèze et Salasc. Ainsi en ont voulu les organisateurs qui escomptaient avec un peu de chance –et elle fut au rendez-vous- effacer les piètres conditions atmosphériques de la précédente année.

Chacun pourra essayer sa forme du moment à sa guise sur les courtes pentes qui assaisonnaient la partie nord du lac, surprenant plan d’eau dont je m’évertue toujours à tirer au moins une image photo, puisque c’est la vedette incontestée de la balade. Aujourd’hui, ses eaux calmes n’avaient rien du bleu translucide qui leur sied si bien dans les cartes postales, elles offraient un aspect café au lait témoin des précipitations répétées qui ont rongé les rives argileuses des ruisseaux alimentant le vaste réservoir constitué dans la fin des années 60.

86 kilomètres nécessitent au moins quatre bonnes heures y compris pour ceux qui tirent fort, même si certains cadors filent comme s’ils faisaient un Paris Nice en petit format, libres à eux de côtoyer le trente de moyenne.
J’ai vu les Poyer sur les photos réalisées en route, affichées à l’arrivée, mais je n’ai pu leur remettre le chèque pour la suite sarde à venir en mai prochain : le Pascal retour de Nouvelle Zélande a dû leur tenir de zélés discours sur des ailleurs extraordinaires, à l’allure que lui autorisait son entraînement, qui ne doit pas être meilleur que le mien présentement.

Le Carnaval du Pouget passera-t-il la rampe de la cavalcade prévue à 15 heures ce jour ? Les majorettes (y compris masculines, une spécialité de la circulade Héraultaise !) auront intérêt à mouliner des guibolles, car le ciel mettra son voile en levant le camp et l’aigre vent venu du Gard semblait porter de froids présages en ce milieu de journée.
Qu’importe, les rouleurs auront eu leur compte de kilomètres au soleil, les randonneurs tout terrain leur content de monotrace humide sous les rayons généreux, les contemplatifs leur récolte d’images et de sensations éblouies et les amateurs d’apéritif auront apprécié le Cabrières sec même sans kir ! La page Salagou 2010 est tournée, vive la suite de la saison cyclante ! Et merci les Clermontois pour l’accueil digne d’une randonnée FFCT de choix : à mes yeux vous méritez bien une étoile dans le guide au-delà de celui du Patelin local !

Victor, un voisin d’Aniane.

Une vieille habitude, qui a entraîné par le passé dans cette courageuse initiative quelques gars du club aventureux et pas du tout en quête de prouesse (je peux le dire en connaissance de cause, moi l’ancien Montpelliérain !), manière de réaliser un premier 200 avant l’heure.