Autour du Pic saint Loup, février 2010

Randonnée découverte : « Autour du Pic saint Loup », dimanche 7 février 2010, la journée :

C’est la meute, c’est la troupe, c’est la procession qui vient s’installer chez JPR quand sonne le glas d’une nouvelle saison de randonnées découvertes par lui mise sur pied. Eh oui, c’est déjà la dernière édition d’une série de six ou sept balades programmées pour les curieux des détails omis par les guides. Le beau temps vient aussi s’installer, c’est une marque de fabrique de l’ami Castelnauvien. Pas étonnant dans ces conditions qu’un des nôtres (Bernard del S.) remette le diplôme de reconnaissance à l’organisateur de la première heure. Et si Jean Marc, président de la Sama en titre, a reçu du même Bernard une belle flamme de verre, sans doute est-ce pour le récompenser des prestations de son club (la galette des rois ?), mais encore pour l’encourager à prendre la suite, la relève ou l’accompagnement de ce type de manifestation où le cyclotourisme en fin de compte retrouve sa meilleure part.

Vingt huit, en provenance de tous les horizons Héraultais, prendront part au « café, thé et biscuits » digne d’un départ de gros bcmf. Faut dire qu’un certain trio affûté de Gignac avait atterri à la rue des Tribuns après une quarantaine de bornes par monts et par vaux avant l’aube (et qu’ils referont le chemin inverse ce soir), ce qui constituait une mise en jambes (et en appétit) autrement considérable que le saut de puce des Poyer (en provenance de St Gély), la petite pédalée en plaine de Guy (depuis Mauguio) ou mon escapade timide depuis la banlieue campagnarde de Grabels.

Aujourd’hui les 110 km annoncés seront même dépassés légèrement, ce qui sembla se faire au détriment de certaines visites laissées de côté pour de prochaines éditions de balades à venir. Du goudron, on en aura vu certes, mais nos semelles à cales auront à connaître les lapiazs des drailles de l’arrière pays là où même les grosses enveloppes de vtt auraient culbuté. Fallait bien voir les tombes ovales de nos ancêtres de la culture de Fontbouisse, les dolmens multi sépultures synchrones du temps des pharaons. On n’en zappa pas moins le village préhistorique de Cambous, les ruines en renaissance de Lavène, le tour complet de la circulade de Puéchabon (où sont allés se planquer les effigies contemporaines des Beatles), la visite à la petite église de Mas de Londres, le parcours jusqu’aux murailles de Viviourès (mais là certains auraient protesté des kilomètres broussailleux en supplément pédestre !). On eut quand même le droit de s’extasier devant les voûtes moyenâgeuses du domaine de Roussières - où le bon migou parfumé engraissait d’opulentes salades et mâches -et à une ample découverte des anciennes carrières de la Font d’Armand, réutilisées par quelques artistes ayant donné libre cours à leur esprit créatif sur la dure pierre délaissée d’exploitation depuis un bon demi siècle.

Un jour quasiment printanier avait commencé par s’installer sur le Languedoc meurtri par un hiver bien senti jusqu’ici, mais il valait mieux garder le blouson dans l’aigre vent de nord de l’après midi. Ce souffle trop humide et casse jambes dans le ciel trop bleu, ça n’est pas de bon augure, mais qu’importe s’il pleut en semaine, nous aurons eu notre dimanche ensoleillé, avantage pas évident et appréciable pour ceux qui triment encore dans le monde du travail.

Notre président en titre Daniel voulait-il chercher des pendeloques en or (ou en os) du côté du mas de Cazarils, lui qui prit quelques longueurs d’avance se fiant  au texte du parcours ? Car « via les Cazarils » au pied de la lettre c’est pas « vers les Cazarils ». Dans le premier cas on passe dans, dans le second, on ne fait qu’une approche, ce qu’il fallait faire. Fallait aussi comprendre sur le plan que notre visite bifurquait vers la sente des mégalithes au dessus d’un parking signalé et que le hameau des Cazarils n’était là que pour se situer dans l’ensemble.

Une fois encore, on fit la nique au froid en nous installant en plein air sous les chênes pour la collation au moment le plus chaud de la journée, comme nous pûmes le faire en janvier malgré la bise glacée. Et notre président égaré réintégra la troupe, avec l’aide il est vrai de cet outil post moderne qu’on appelle mobile et que les archéologues de demain trouveront peut-être dans leurs fouilles futures à tel endroit d’un clapas chamboulé.

Journée ronde pleine et bleue. Personne ne perça, et la fête du patrimoine se poursuivra jusque chez nos hôtes rue des Tribuns à Castelnau, où « Mme Jean Pierre » (dixit le grillon du foyer, l’autre Bernard) n’omit point le superbe bouquet printanier en un coin de table pour décorer le présentoir de mille et une tartes maison dont il était prévu de faire des restes du matin un délicieux goûter pour la quasi majorité qui boucla la boucle. Que voilà un point d’orgue élégant à l’entame d’une grosse saison (pour certains) où se profilent déjà des 200 pleins de bosses !

Victor, l’attardé sous les falaises d’Hortus.